271 CHAPITRE LES UTILISATIONS NON MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 10 L’industrie, la recherche mais aussi de nombreux autres secteurs utilisent depuis longtemps des sources de rayonnements ionisants dans une grande variété d’applications et de lieux d’utilisation. L’enjeu de la réglementation relative à la radioprotection actuellement en vigueur est de contrôler que, malgré cette grande diversité, la sécurité des travailleurs, du public et de l’environnement est correctement assurée. Cette sécurité passe notamment par la maîtrise de la gestion des sources et par le suivi de leurs conditions de détention, d’utilisation et d’élimination depuis leur fabrication jusqu’à leur fin de vie. Elle passe également par la responsabilisation et le contrôle d’acteurs centraux: les fabricants et les fournisseurs des sources. Le cadre réglementaire des activités nucléaires en France a fait l’objet de profondes refontes et d’un renforcement au cours de ces dernières années. Il s’inscrit dans le code du travail et le code de la santé publique et oriente l’action dont l’ASN a la responsabilité. Les sources de rayonnements mises en œuvre proviennent soit de radionucléides – essentiellement artificiels – en sources scellées ou non, soit d’appareils électriques générant des rayonnements ionisants. Les applications présentées dans ce chapitre concernent les activités non médicales (les activités médicales sont présentées dans le chapitre 9) et les activités ne relevant pas du régime des installations nucléaires de base (les INB sont présentées dans les chapitres 12, 13 et 14). En revanche, toutes les autres applications sont concernées. Les principaux secteurs d’activités sont présentés ci-après. 1I 1 Les sources radioactives scellées Les principales utilisations des sources radioactives scellées (sources dont la structure ou le conditionnement empêche, en utilisation normale, toute dispersion de substances radioactives dans le milieu ambiant) sont les suivantes. 1I 1 I 1 L’irradiation industrielle Elle est mise en œuvre pour la stérilisation de dispositifs médicaux, de produits pharmaceutiques ou cosmétiques et la conservation de produits alimentaires. L’irradiation est également un moyen utilisé afin de modifier volontairement les propriétés de matériaux, par exemple pour le durcissement des polymères. Ces techniques d’irradiation de produits de consommation peuvent être autorisées car, à l’issue de leur traitement, ces produits ne présentent aucune radioactivité artificielle ajoutée. Les irradiateurs industriels utilisent souvent des sources de cobalt 60 dont l’activité totale peut être très importante et dépasser 250000 térabecquerels (TBq). Certaines de ces installations sont classées installations nucléaires de base (INB) (voir chapitre 14). 1I 1 I 2 Le contrôle non destructif La gammagraphie est une technique de contrôle non destructif utilisant des sources radioactives, qui permet d’apprécier des défauts d’homogénéité dans le métal et en particulier dans les cordons de soudure. Cette technique utilise notamment des sources d’iridium 192, de cobalt 60, et plus récemment des sources de sélénium 75 dont l’activité ne dépasse pas une vingtaine de térabecquerels. Un appareil de gammagraphie est le plus souvent un appareil mobile pouvant être déplacé d’un chantier à l’autre et se compose principalement: – d’un projecteur de source, servant de container de stockage quand la source n’est pas utilisée; – d’une gaine d’éjection, d’un embout et d’une télécommande destinés à déplacer la source entre le projecteur et l’objet à radiographier, tout en assurant la protection de l’opérateur qui se tient à distance de la source; – d’une source radioactive insérée dans un porte-source. Les appareils de gammagraphie utilisent principalement des sources de haute activité qui présentent des risques importants pour les opérateurs. À ce titre, c’est une activité à enjeu fort de radioprotection qui figure parmi les priorités de contrôle de l’ASN. 1I 1 I 3 Le contrôle de paramètres physiques Le principe de fonctionnement de ces appareils est l’atténuation du signal émis: la différence entre le signal émis et le signal reçu permet d’évaluer l’information recherchée. Les radioéléments les plus couramment employés sont le krypton 85, le césium137, l’américium241, le cobalt60 et le 1 LES ACTIVITÉS NON MÉDICALES UTILISANT DES RAYONNEMENTS IONISANTS Appareil de gammagraphie – CEGELEC – et ses accessoires (télécommande, gaine d’éjection, embout d’irradiation)
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