radiothérapie, une augmentation statistiquement significative des cancers (effets secondaires) imputables aux rayonnements ionisants. Citons également l’accident de Tchernobyl qui, du fait des iodes radioactifs rejetés, a provoqué dans les régions proches du lieu de l’accident un excès de cancers de la thyroïde de l’enfant. L’apparition des effets cancérogènes n’est pas liée à un seuil de dose, seule une probabilité d’apparition peut être énoncée pour un individu donné. C’est le cas de la survenue des cancers radio-induits. On parle alors d’effets probabilistes, stochastiques ou aléatoires. Établis au plan international, les objectifs sanitaires de la radioprotection visent à éviter l’apparition des effets déterministes mais aussi à réduire les probabilités d’apparition de cancers radio-induits. 1I 2 L’évaluation des risques liés aux rayonnements ionisants La surveillance des cancers est organisée autour de plusieurs registres départementaux (10 registres départementaux couvrant 11 départements, soit environ 15 % de la population générale) et de registres spécialisés (12 registres spécialisés dont 2 registres nationaux des cancers de l’enfant de moins de 15 ans concernant les hémopathies malignes et les tumeurs solides de l’enfant). Dans une zone couverte par un registre, l’objectif est de mettre en évidence des différences spatiales d’incidence et de dégager les tendances en termes d’augmentation ou de diminution d’incidence des différentes localisations cancéreuses au cours du temps, ou encore de repérer un agrégat de cas. À vocation descriptive, ce mode de surveillance, à vocation descriptive, ne permet pas toutefois de mettre en évidence une possible relation entre ces cancers et une exposition aux rayonnements ionisants, étant entendu que d’autres facteurs environnementaux peuvent être suspectés. L’investigation épidémiologique est une tâche complémentaire de la surveillance. Les enquêtes épidémiologiques ont vocation à mettre en évidence une association entre un facteur de risque et la survenue d’une maladie, entre une cause possible et un effet, ou tout au moins à permettre d’affirmer que l’existence d’une telle relation causale présente une très forte probabilité. On retiendra cependant la difficulté à mener ces enquêtes ou à conclure de façon convaincante lorsque le délai d’apparition de la maladie est long ou encore lorsque le nombre de cas attendus est faible, ce qui caractérise les expositions aux rayonnements ionisants inférieures à 100 milliSievert (mSv). Ainsi, les études épidémiologiques n’ont pu mettre en évidence des pathologies liées aux rayonnements ionisants que pour des doses de rayonnements relativement élevées, avec des débits de dose élevés (exemple : suivi des populations exposées lors des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki). Dans une optique de gestion du risque, il est alors fait appel à la technique de l’évaluation des risques qui, au moyen de calculs, permet, en extrapolant les risques observés aux plus fortes doses, d’estimer les risques encourus lors d’une exposition aux faibles doses de rayonnements ionisants. Pour ces estimations, l’hypothèse prudente d’une relation linéaire sans seuil entre l’exposition et le nombre de décès par cancer (voir diagramme 1) a été adoptée à l’échelle internationale. Avec cette hypothèse, il est considéré qu’il n’existe pas de seuil de dose en-dessous duquel on pourrait affirmer qu’il n’y a pas d’effet. La légitimité de ces estimations et de cette hypothèse reste cependant controversée au plan scientifique. Sur la base des travaux scientifiques de l’UNSCEAR, la Commission internationale de protection radiologique (voir 32 UNSCEAR Le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a été créé en 1955 lors de la 10e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il rassemble 21 pays et rend compte à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est un organisme à caractère scientifique qui étudie et évalue, à l’échelle mondiale et régionale, les expositions aux rayonnements et leurs effets sur la santé des groupes exposés. Le comité étudie également les progrès réalisés dans la compréhension des mécanismes biologiques par lesquels les rayonnements influent sur la santé ou l’environnement. Dernières publications : – Résumé des effets des rayonnements ionisants à faibles doses sur la santé (rapport 2010) – Sources et effets des rayonnements ionisants (rapport 2008): • Volume 1 – annexe A (Exposition aux rayonnements ionisants d’origine médicale), annexe B (Exposition du public et des travailleurs à différentes sources de rayonnements). • Volume 2 – annexe C (Exposition aux rayonnements dans un contexte accidentel), annexe D (Effets sur la santé dus aux rayonnements consécutifs à l’accident de Tchernobyl) et annexe E (Effets des rayonnements ionisants sur les espèces non humaines). Rapport UNSCEAR 2008 «Sources and effects of ionizing radiation» COMPRENDRE
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