2I 1 Présentation des activités de médecine nucléaire La médecine nucléaire regroupe toutes les utilisations de radionucléides en sources non scellées à des fins de diagnostic ou de thérapie. Les utilisations diagnostiques se décomposent en techniques in vivo, fondées sur l’administration de radionucléides au patient et en applications exclusivement in vitro. Ce secteur d’activité totalise 236 unités de médecine nucléaire en fonctionnement regroupant les installations in vivo et in vitro. Le nombre d’unités de médecine nucléaire pratiquant du diagnostic in vivo et de la thérapie est globalement stable sur les trois dernières années. 60% d’entre elles sont implantées dans des structures publiques ou assimilées et 40% d’entre elles dans des structures privées. On dénombre environ 70 tomographes à émission de positon, appelé TEP, en service. La médecine nucléaire représente environ 500 praticiens spécialistes dans cette discipline auxquels il convient d’ajouter 1000 médecins collaborant au fonctionnement des unités de médecine nucléaire (internes, cardiologues, endocrinologues…). 2I 1 I 1 Le diagnostic in vivo Cette technique consiste à étudier le métabolisme d’un organe grâce à une substance radioactive spécifique – appelée radio pharmaceutique – administrée à un patient. La nature du radiopharmaceutique, qui a un statut de médicament, dépend de l’organe ou de la fonction étudiés. Le radionucléide peut être utilisé soit directement soit fixé sur un vecteur (molécule, hormone, anticorps...). À titre d’exemple, le tableau 1 présente quelques-uns des principaux radionucléides utilisés dans diverses explorations. La localisation dans l’organisme de la substance radioactive administrée, le plus souvent du technétium 99m, se fait par un détecteur spécifique – appelé caméra à scintillation ou gammacaméra – qui est constitué d’un cristal d’iodure de sodium couplé à un système d’acquisition et d’analyse par ordinateur. Cet équipement permet d’obtenir des images du fonctionnement des organes explorés (ou scintigraphie). S’agissant d’images numérisées, une quantification des processus physiologiques peut être réalisée ainsi qu’une reconstruction tridimensionnelle des organes (tomographie d’émission monophotonique ou TEMP), selon le même principe que pour le scanner à rayons X. Le fluor 18, radionucléide émetteur de positons, est aujourd’hui couramment utilisé, sous la forme d’un sucre, le fluorodésoxyglucose (FDG), pour des examens de cancérologie. Son utilisation nécessite la mise en œuvre d’une caméra à scintillation adaptée à la détection des émetteurs de positons (TEP). La médecine nucléaire permet de réaliser de l’imagerie fonctionnelle. Elle est donc complémentaire de l’imagerie purement morphologique obtenue par les autres techniques d’imagerie: radiologie conventionnelle, scanner à rayons X, échographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM). Afin de faciliter la fusion des images fonctionnelles et morphologiques, des appareils hybrides ont été développés: les tomographes à émission de positons (TEP) sont désormais systématiquement couplés à un scanner (TEP-TDM) et de plus en plus de services de médecine nucléaire s’équipent de gamma-caméras couplées à un scanner (TEMP-TDM). 2I 1 I 2 Le diagnostic in vitro Il s’agit d’une technique d’analyse de biologie médicale sans administration de radionucléides au patient, permettant de 2 LA MÉDECINE NUCLÉAIRE Type d’exploration Radionucléides utilisés Métabolisme thyroïdien Iode 123, technétium 99m Perfusion du myocarde Thallium 201, technétium 99m Perfusion pulmonaire Technétium 99m Ventilation pulmonaire Krypton 81m, technétium 99m Processus ostéo-articulaire Technétium 99m Oncologie – Recherche de métastases Fluor 18 Tableau 1: quelques-uns des principaux radionucléides utilisés dans diverses explorations en médecine nucléaire Manipulation de produits radioactifs lors de l’inspection du service de médecine nucléaire du Centre cardiologique du Nord de Saint-Denis par l’ASN – Décembre 2010 252
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