51 CHAPITRE LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES: RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 1 Les systèmes de surveillance des pathologies mis en place (registres du cancer par exemple) ne permettent pas de distinguer celles qui pourraient être attribuées aux rayonnements ionisants. Nous ne disposons pas non plus d’indicateurs biologiques, fiables et faciles à mesurer, qui permettraient de reconstituer aisément les doses auxquels ont été soumises les personnes. Dans ce contexte, la « surveillance du risque » est réalisée par la mesure d’indicateurs de la radioactivité ambiante, au mieux par la mesure des débits de dose liés à l’exposition externe des personnes aux rayonnements ionisants ou de la contamination interne ou, à défaut, par la mesure de grandeurs (concentration de radionucléides dans les rejets d’effluents radioactifs) qui peuvent permettre ensuite de procéder, par la modélisation et le calcul, à une estimation des doses reçues par les populations exposées. La totalité de la population française est potentiellement exposée à des rayonnements ionisants d’origine naturelle ou ayant pour origine des activités humaines, mais de façon inégale sur le territoire. L’exposition de la population française est estimée à 3,7 mSv par personne et par an, mais cette exposition présente une grande variabilité individuelle, notamment selon la localisation du lieu d’habitation et le nombre d’examens radiologiques reçus (source: IRSN 2010). Selon les lieux, la dose efficace individuelle annuelle moyenne peut varier d’un facteur 2 à 5. Le diagramme 2 représente une estimation des contributions respectives des différentes sources d’exposition de la population française aux rayonnements ionisants. Ces données restent cependant trop imprécises pour identifier, dans chaque catégorie de sources d’exposition, les catégories ou groupes de personnes les plus exposés. 3I 1 Les expositions de la population aux rayonnements d’origine naturelle Les expositions de la population aux rayonnements ionisants d’origine naturelle résultent depuis toujours de la présence de radionucléides d’origine terrestre dans l’environnement, de l’émanation de radon en provenance du sous-sol et de l’exposition aux rayonnements cosmiques. L’exposition à la radioactivité naturelle représente en moyenne environ 73% de l’exposition totale annuelle. 3I 1 I 1 Les rayonnements d’origine naturelle (hors radon) Les radionucléides naturels d’origine terrestre sont présents à des teneurs diverses dans tous les milieux de notre environnement, y compris dans l’organisme humain. Ils conduisent à une exposition externe de la population du fait des émissions de rayonnement gamma produites par les chaînes de l’uranium 238 et du thorium 232 et par le potassium 40 présents dans les sols, mais aussi à une exposition interne par inhalation de particules remises en suspension, par ingestion de denrées alimentaires ou d’eau de consommation. Les teneurs en radionucléides naturels dans les sols sont extrêmement variables. Les valeurs les plus élevées des débits de dose d’exposition externe, à l’air libre, s’échelonnent en France, selon les régions, entre quelques nanosieverts/heure (nSv/h) et 100 nSv/h. Les valeurs de débit de dose à l’intérieur des habitations sont généralement plus élevées du fait de la contribution des matériaux de construction (environ 20% en plus, en moyenne). À partir d’hypothèses sur les taux de présence des individus à l’intérieur et à l’extérieur des habitations (respectivement 90% et 10%), la dose efficace annuelle moyenne due à l’exposition externe aux rayonnements gamma d’origine tellurique est estimée en France à environ 0,5 mSv par personne et par an. Les doses dues à l’exposition interne d’origine naturelle varient selon les quantités incorporées de radionucléides des familles de l’uranium et du thorium via la chaîne alimentaire qui dépendent des habitudes alimentaires de chacun. Selon l’UNSCEAR (2000), la dose moyenne par individu serait de l’ordre de 0,23 mSv par an. La concentration moyenne du potassium 40 dans l’organisme représente environ 55 Bq par kg; il en résulte une dose efficace annuelle moyenne de l’ordre de 0,18 mSv. Les eaux destinées à la consommation humaine, notamment celles d’origine souterraine, ainsi que les eaux minérales, se chargent en radionucléides naturels du fait de la nature des 3 LA SURVEILLANCE DES EXPOSITIONS AUX RAYONNEMENTS IONISANTS Diagramme 2: exposition aux rayonnements ionisants de la population en France
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