Rapport annuel de l'ASN 2011

S’organiser pour toute autre situation d’urgence radiologique Un numéro téléphonique spécifique permet à l’ASN de recevoir les appels signalant des incidents mettant en jeu des sources de rayonnements ionisants utilisées hors INB ou TMR. Il reste accessible 24 h / 24, 7 jours sur 7. Les informations fournies lors de l’appel sont transmises à un responsable de l’ASN qui agit en conséquence. En fonction de la gravité de l’accident, l’ASN peut activer son centre d’urgence à Paris. Une fois les pouvoirs publics alertés, l’intervention comporte généralement quatre phases principales : la prise en charge des personnes impliquées, la confirmation du caractère radiologique de l’événement, la mise en sécurité de la zone et la réduction de l’émission, enfin la mise en propreté. Le préfet ou le maire coordonne les équipes d’intervention en tenant compte de leur compétence technique et décide des actions de protection en s’appuyant sur les plans qu’il a élaborés (ORSEC et PPI pour les préfets, plans communaux de sauvegarde pour les maires). Au plan local, les maires peuvent notamment s’appuyer sur les cellules mobiles d’intervention radiologique des services d’incendie et de secours (CMIR). Dans ces situations, la responsabilité de la décision et de la mise en œuvre des actions de protection appartient : – au chef de l’établissement exerçant une activité nucléaire (hôpital, laboratoire de recherche…) qui met en œuvre le PUI prévu à l’article L 1333-6 du code de la santé publique (si les risques présentés par l’installation le justifient) ou au propriétaire du site pour ce qui concerne la sécurité des personnes à l’intérieur du site ; – au maire ou au préfet pour ce qui concerne la sécurité des personnes sur le domaine accessible au public. 2I 1 I 3 Le centre d’urgence de l’ASN Pour mener à bien ses missions, l’ASN dispose de son propre centre d’urgence, équipé d’outils de communication et informatique qui lui permettent : – d’alerter rapidement les agents de l’ASN ; – d’échanger des informations dans des conditions fiables avec ses multiples interlocuteurs. La mise en œuvre du centre d’urgence ne préjuge pas de la gravité de la situation. En cas d’alerte, le gréement de ce centre offre à l’ASN les moyens techniques de gestion et de communication facilement accessibles pour tous les acteurs. Ce centre d’urgence a été mis en œuvre en situation réelle, à l’occasion d’incidents ou d’accidents. En 2011, il a été gréé pendant un mois lors de l’accident nucléaire survenu en mars sur la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, lors de l’accident du 12 septembre 2011 sur l’installation de CENTRACO (Gard) et le 16 décembre 2011 en raison de phénomènes météorologiques menaçant la centrale du Blayais (Gironde). L’événement concernant CENTRACO est décrit plus en détail dans le chapitre 16. Le système d’alerte de l’ASN permet la mobilisation rapide des agents de l’ASN ainsi que de l’IRSN. Ce système automatique émet par radio messagerie ou téléphone un signal d’alerte vers tous les agents équipés d’un récepteur spécialisé ou de téléphones portables, dès son déclenchement à distance par l’exploitant de l’installation nucléaire à l’origine de l’alerte. Il diffuse également l’alerte à des agents de la DGSCGC, du SGDSN et de MétéoFrance. Ce système est régulièrement testé lors de la réalisation d’exercices ou lors de la survenance de situations d’urgence réelles. Le centre d’urgence est raccordé, en plus du réseau téléphonique public, à plusieurs réseaux indépendants d’accessibilité restreinte qui permettent de disposer de lignes directes ou spécifiques sécurisées avec les principaux sites nucléaires. Le PCD de l’ASN dispose également d’un système de visioconférence utilisé de façon privilégiée avec le CTC de l’IRSN. Par ailleurs, le PCD met en œuvre des équipements informatiques spécifiques pour les échanges d’alertes et d’informations avec la Commission européenne, l’AIEA et les États membres (ECURIE5, USIE6). 148 Centre d’urgence de l’ASN lors d’un exercice de crise – Octobre 2011 5. Le système ECURIE, créé en 1987, permet aux Etats membres de l’Union européenne de signaler à leurs homologues tout événement nucléaire survenant sur leur territoire susceptible d’entraîner des rejets radioactifs, afin que ceux-ci puissent mettre en œuvre, si nécessaire, des mesures de protection de leur population. 6. USIE (Unified System for Information Exchange in Incidents and Emergencies) est un outil proposé par l’AIEA aux États membres pour la notification d’événement nucléaire survenant sur leur territoire.

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