149 CHAPITRE LES SITUATIONS D’URGENCE 5 2I 2 Assurer une coordination efficace avec les Autorités internationales Compte tenu des répercussions potentielles qu’un accident peut avoir à l’étranger, il importe que l’information et l’intervention des différents pays soient les mieux coordonnées possibles. A cette fin, l’AIEA et la Commission européenne proposent aux États membres des outils d’aide pour la notification, l’intervention et l’assistance. L’ASN a contribué activement à l’élaboration de ces outils, notamment le nouvel outil de l’AIEA, USIE, présent au centre d’urgence de l’ASN. Indépendamment des accords bilatéraux sur les échanges d’informations en cas d’incident ou d’accident pouvant avoir des conséquences radiologiques, la France s’est engagée à appliquer la convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire adoptée le 26 septembre 1986 par l’AIEA et la décision Euratom du 14 décembre 1987 concernant les modalités communautaires pour l’échange rapide d’informations dans le cas d’une situation d’urgence radiologique. Par ailleurs, la France a signé le 26 septembre 1986 la convention adoptée par l’AIEA sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique. Deux directives interministérielles des 30 mai 2005 et 30 novembre 2005 précisent les modalités d’application en France de ces textes et confient à l’ASN la mission d’Autorité nationale compétente. Il appartient ainsi à l’ASN de notifier l’événement sans délai aux institutions internationales et aux États membres, de fournir rapidement les informations pertinentes pour limiter La mobilisation continue de l’ASN pendant un mois pour suivre l’accident de Fukushima Dès le 11 mars et pendant une durée d’un mois, l’ASN a gréé son centre d’urgence et le collège de l’ASN a siégé quotidiennement, comme s’il s’agissait d’un événement survenu en France. L’ASN a adapté son organisation au contexte particulier de cet accident exceptionnel dû à son éloignement, à son ampleur, à l’enchaînement des événements et à la demande sociale forte qui l’a accompagnée. La mission essentielle de l’ASN a été d’informer régulièrement le Gouvernement, les médias et la population française, et de conseiller le Gouvernement et l’Ambassade de France à Tokyo sur les actions de protection des populations à prendre (protection des ressortissants français au Japon, contrôles de la contamination des biens importés, etc.). L’ASN a été alertée rapidement de l’accident, en tant qu’Autorité compétente au titre des conventions internationales sur la notification et l’assistance du 26 septembre 1986, ainsi qu’au titre de la décision Euratom du 14 décembre 1987. Elle a ensuite suivi régulièrement l’état de la situation au Japon, sur la base des informations provenant de l’outil USIE de l’AIEA d’une part, et des audioconférences quotidiennes avec l’Ambassade de France au Japon et les Autorités de sûreté américaine, canadienne et britannique d’autre part. L’ASN s’est également appuyée sur le réseau ECURIE de la Commission européenne, en liaison avec l’AEN, pour communiquer avec d’autres pays et avoir une vue d’ensemble sur les décisions qu’ils prenaient. En matière d’assistance internationale, l’ASN a été sollicitée par le Japon (demandes d’information sur certains outils spécifiques pouvant être mis à disposition) ainsi que par l’AIEA (demandes de renforts en experts pour le centre d’urgence de l’AIEA et demandes de cartes satellitaires). Près de 200 agents de l’ASN se sont déclarés volontaires et ont été mobilisés pour remplir des fonctions au centre d’urgence. Leur suivi et leurs analyses ont permis de comprendre et d’anticiper l’évolution de l’état des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi. Ces informations techniques étaient ensuite reprises et vérifiées avant une diffusion auprès des administrations, des médias et du public. L’ASN a ainsi réalisé 17 points d’information et plus de 30 communiqués de presse permettant d’assurer une information régulière sur le déroulement de l’accident et sur la nature des risques présentés. L’ASN réalise dès à présent un retour d’expérience sur l’organisation qu’elle a mise en place pour faire face aux sollicitations très nombreuses apparues pour la gestion de cet accident. Il apparaît en particulier que la gestion d’une crise nucléaire de grande ampleur sur la durée nécessite un investissement humain très important. À NOTER EN 2011 La cellule des attachés de presse en charge des appels des journalistes au cours de la crise de Fukushima - Mars 2011
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