Rapport annuel de l'ASN 2011

15 L’ASN a organisé un séminaire sur l’imagerie médicale pour sensibiliser institutions, professionnels et fabricants à l’application plus rigoureuse des principes de radioprotection (justification des actes et optimisation des doses) et au développement de techniques alternatives au premier rang desquelles l’IRM. Dans la continuité de ce séminaire, elle a pris plusieurs positions sur ce sujet en juillet dernier. La démarche post-accidentelle La doctrine post-accidentelle se précise: elle fait l’objet d’un guide, elle est testée en exercice et devrait intégrer les Plans particuliers d’intervention (PPI). Cette démarche a pris tout son sens au moment de l’accident de Fukushima. Elle a été présentée lors du séminaire international CODIRPA, organisé les 5 et 6 mai 2011. Venons-en à l’année 2011. Quel contraste entre le début de l’année où l’ASN était critiquée par certains d’en faire trop en matière de sûreté, et alertait sur les risques d’apparition d’un nucléaire à deux vitesses, et la fin de l’année 2011 après l’accident de Fukushima! L’année 2011 restera comme celle de l’accident de Fukushima. Cet accident est un événement majeur et il marquera l’histoire du nucléaire comme ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl : il y aura un avant et un après Fukushima. Dés le 11 mars, l’ASN a pressenti l’ampleur que pouvait prendre cette catastrophe naturelle doublée d’une catastrophe nucléaire. Son centre de crise a été gréé le 11 mars dans l’aprèsmidi et est resté opérationnel 24 h / 24, 7 jours sur 7 jusqu’au 13 avril. Son gréement allégé s’est poursuivi bien plus longtemps. Deux cents personnes, soit prés de la moitié de l’effectif de l’ASN, de province ou d’Ile-de-France, ont été mobilisées au centre de crise. Des audioconférences quotidiennes avec l’IRSN, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les Autorités de sûreté étrangères et l’Ambassade de France au Japon ont été tenues. Pendant ce premier mois, la communication a été très intense, l’ASN a tenu dix-sept conférences de presse, publié vingt-huit communiqués de presse. Une quinzaine de personnes ont été mobilisées pour répondre aux 1200 sollicitations médiatiques. Un site Internet spécifique a été créé; il a reçu plus de 700 000 visites. Un centre d’appel a été mis en place pour répondre aux questions du public. En parallèle, l’ASN a engagé le processus des évaluations complémentaires de sûreté (ECS). En plus de ces ECS, l’ASN a organisé en 2011 une campagne d’inspections ciblées sur des thèmes en lien avec l’accident de Fukushima. Trente-huit inspections ont ainsi été menées sur l’ensemble des installations nucléaires jugées prioritaires, correspondant à un total de cent dix jours d’inspection. L’ASN a aussi voulu que ce processus soit transparent et y associer la société civile. Ainsi, des membres de Commissions locales d’information (CLI) et des experts étrangers, au total cinquante personnes, ont pu participer à des inspections. Des experts étrangers et des membres du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) ont participé aux réunions des Groupes permanents d’experts qui ont rassemblé pendant trois jours en novembre plus de deux cents personnes. L’ASN a reçu et pris en compte de nombreuses contributions des CLI, de l’ANCCLI, d’experts étrangers et d’organisations syndicales. Eu égard au caractère exceptionnel de cette situation, l’ASN a rendu publics en temps réel les rapports des exploitants, celui de l’IRSN réalisé à sa demande et l’avis des Groupes permanents. L’ASN a publié son rapport et son avis le 3 janvier 2012. L’ASN a travaillé avec le HCTISN qui a rendu deux avis, l’un le 3 mai sur le cahier des charges des évaluations complémentaires de sûreté, l’autre le 8 décembre sur la transparence du processus. L’investissement du HCTISN et des CLI a fondamentalement contribué à la nécessaire transparence et à l’ouverture de toute cette démarche. Un travail considérable a été effectué en un temps très court, à la mesure de cette catastrophe. Il doit être poursuivi à l’échelle nationale, européenne et internationale. Il doit concerner autant la sûreté des installations que la gestion de crise. L’engagement, le professionnalisme et la disponibilité des personnels de l’ASN et de l’IRSN, et le travail considérable qu’ils ont effectué depuis le 11 mars 2011, ont permis à l’ASN de tirer les premiers enseignements de l’accident de Fukushima dont le retour d’expérience complet va se prolonger durant de nombreuses années. Ces trois périodes - 50 ans, 5 ans, l’année dernière - nous rappellent que la sûreté nucléaire, la radioprotection et leur contrôle évoluent dans un temps long. Il est fondamental de toujours s’adapter en s’appuyant sur le retour d’expérience. Un devoir d’exigence et de vigilance s’impose en permanence. ■ L’ANNÉE 2011

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