Rapport annuel de l'ASN 2011

17 L’épicentre de ce séisme, dit « de la côte pacifique du Tohoku », est situé dans l’océan Pacifique, le long de la fosse océanique du Japon, au large des côtes nord-est de l’île de Honshu, à environ 25 km de profondeur sous la mer, et à 130 km du port de Sendai, lui-même situé à environ 300km au nord de Tokyo, la capitale du Japon. Ce séisme avait été précédé de quelques secousses survenues dès le 9 mars, et a été suivi de nombreuses répliques dans les heures, puis les jours et les semaines qui ont suivi, dont une cinquantaine avec des magnitudes de 6 à 7, mais sans qu’elles s’accompagnent de nouveaux tsunamis. Selon les informations disponibles sur le sujet, ce séisme aurait fait relativement peu de victimes et de dégâts malgré sa très forte intensité, grâce à la qualité des constructions et au savoir-faire anti-sismique japonais. Ce serait essentiellement l’énorme vague du tsunami qui s’en est suivie qui serait à l’origine de plus de 90 % des victimes et des destructions. Cette vague extraordinaire, de plus de 20 m de hauteur par endroit, est entrée dans les terres jusqu’à une profondeur de 10 km, et a tout dévasté sur son passage. La zone littorale centrée sur le port de Sendai, située au droit de l’épicentre, a été particulièrement touchée. Le séisme et le tsunami associés ont fait plus de 20 000 morts et disparus, environ 6 000 blessés et plusieurs centaines de milliers de réfugiés sans abri. Ils ont détruit plusieurs villes côtières, les zones résidentielles situées en bord de mer, le port de Sendai, et fortement endommagé différentes installations industrielles telles que des raffineries, des dépôts pétroliers, des usines chimiques... Ils ont provoqué des dégâts sur les infrastructures, en particulier les axes routiers, les réseaux d’alimentation en eau et d’assainissement, les lignes d’alimentation électrique et de télécommunication, ainsi que certains barrages hydroélectriques. Ce qui a conduit à une coupure généralisée de l’alimentation électrique, à des incendies, des dispersions de polluants chimiques, toxiques et radiologiques. L’organisation des secours a été fortement perturbée par le chaos généralisé qui a suivi ces événements. Cette catastrophe naturelle majeure a eu des conséquences sur les installations nucléaires du Japon. Six sites nucléaires situés sur la frange nord-est de l’île de Honshu ont été touchés par le séisme et le tsunami. Du nord vers le sud, il s’agit de l’installation de retraitement des combustibles usés de Rokkasho Mura, et des centrales électronucléaires de Higashidori, Onagawa, Fukushima Daiichi, Fukushima Daini et Tokai Mura, soit au total quinze réacteurs nucléaires à eau bouillante dont quatre étaient à l’arrêt pour maintenance. Dans un premier temps, à la suite des violentes secousses provoquées par le séisme, les détecteurs des ondes sismiques dont sont dotés les réacteurs nucléaires ont enclenché l’insertion automatique des barres de contrôle dans le cœur pour étouffer la réaction nucléaire. Les alimentations électriques externes étant perdues, les groupes électrogènes de secours, à moteur diesel, se sont mis en route automatiquement pour fournir l’électricité nécessaire au fonctionnement des pompes assurant la circulation des eaux de refroidissement. Les installations ont donc été mises automatiquement à l’arrêt conformément aux dispositions prévues lors de leur conception pour gérer les risques de séisme. Dans un second temps, la vague du tsunami est passée pardessus la digue de protection de la centrale de Fukushima Daiichi et a submergé les installations, provoquant la destruction des groupes électrogènes et l’endommagement des installations de refroidissement. De ce fait, le refroidissement du cœur des réacteurs et des piscines d’entreposage du combustible nucléaire n’a plus été assuré, ce qui a provoqué un accident nucléaire. Les autres sites n’ont pas connu les mêmes problèmes, soit qu’ils n’aient pas été submergés, soit que les groupes électrogènes aient pu être épargnés ou remis rapidement en service pour assurer leur fonction de sauvegarde ou encore que des connexions au réseau électrique aient pu être rapidement rétablies. Un incendie consécutif au séisme s’est déclaré dans la centrale nucléaire d’Onagawa, mais a pu être maîtrisé sans qu’aucune fuite radioactive n’ait été détectée dans l’environnement. Tel est le scénario qui peut être établi à ce jour à partir des informations disponibles. La connaissance complète du déroulement de l’accident prendra des années, comme ce fut le cas après les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl. Elle pourrait le cas échéant conduire à réviser les premiers enseignements déjà tirés de cet accident. Gestion de la crise par l’ASN Dès l’annonce de cette catastrophe, l’ASN a gréé son centre d’urgence pour comprendre l’accident qui s’est produit sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi afin d’assurer l’information de la population française. Avec le concours de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui avait également gréé son centre de crise pour la circonstance, elle a veillé à recueillir les éléments d’information lui permettant de comprendre les événements survenus et l’évolution de la situation. Le centre d’urgence, gréé 24 h/24, 7 jours sur 7, a été maintenu en activité pendant un mois jusqu’à ce que la situation se soit stabilisée. Ensuite, l’ASN a maintenu en place une équipe chargée de suivre l’évolution de la situation et de faire des points d’information réguliers. FUKUSHIMA

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