Rapport annuel de l'ASN 2011

34 Quoi qu’il en soit, il convient de ne pas exposer inutilement, c’est-à-dire sans justification, des personnes aux rayonnements ionisants, les enfants devant faire l’objet d’une attention particulière lors d’expositions aux rayonnements ionisants à des fins médicales. 1I 3 I 2 Effets des faibles doses La relation linéaire sans seuil – L’hypothèse de cette relation, retenue pour modéliser l’effet des faibles doses sur la santé (voir point 1 2), aussi pratique soit-elle sur un plan réglementaire, aussi prudente soit-elle sur un plan sanitaire, n’a pas toute l’assise voulue sur un plan scientifique : certains estiment que les effets des faibles doses pourraient être supérieurs, d’autres pensent que ces doses pourraient n’avoir aucun effet en deçà d’un certain seuil ; certains affirment même que des faibles doses ont un effet bénéfique. La recherche en biologie moléculaire et cellulaire permet de progresser, les études épidémiologiques menées sur des cohortes importantes aussi. Mais, face à la complexité des phénomènes de réparation et de mutation de l’ADN, face aux limites des méthodes utilisées par l’épidémiologie, des incertitudes demeurent et la précaution s’impose pour les pouvoirs publics. La dose, le débit de dose et la contamination chronique – Les études épidémiologiques réalisées sur les personnes exposées aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki ont permis de mieux connaître les effets des rayonnements sur la santé, pour des expositions dues à l’irradiation externe (exposition externe) à forte dose et fort débit de dose de rayonnements ionisants. Les études entamées dans les pays les plus touchés par l’accident de Tchernobyl (la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie) pourraient, elles aussi, faire avancer la connaissance sur l’effet des rayonnements sur la santé pour des expositions dues à la contamination interne (exposition interne) à plus faible dose et plus faible débit de dose de rayonnements ionisants, ainsi que sur les conséquences d’une exposition chronique aux rayonnements ionisants (par exposition externe et par contamination par la voie alimentaire), du fait de l’état de contamination durable de l’environnement. Les effets héréditaires – La survenue d’éventuels effets héréditaires des rayonnements ionisants chez l’homme reste incertaine. De tels effets n’ont pas été observés chez les survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Cependant, les effets héréditaires ont été bien documentés dans des travaux expérimentaux chez l’animal : les mutations induites par les rayonnements ionisants dans les cellules germinales sont transmissibles à la descendance. La mutation récessive d’un gène d’un chromosome restera invisible tant que le même gène porté par l’autre chromosome homologue ne sera pas atteint ; si elle n’est pas nulle, la probabilité de ce type d’événement reste cependant faible. Protection de l’environnement – La radioprotection a pour but d’empêcher ou de réduire les effets nocifs des rayonnements ionisants sur les personnes, directement ou indirectement, y compris par l’effet des atteintes portées à l’environnement. Au-delà de la protection de l’environnement orientée vers la protection de l’homme et des générations présentes ou futures, la question de la manière pratique de traiter la protection de la nature au nom de l’intérêt propre des espèces animales et végétales reste posée (voir point 3 5), la protection des espèces non-humaines faisant désormais partie des recommandations de la CIPR (CIPR 103). Leucémies de l’enfant L’ASN, la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) ont mis en place en 2008 un groupe de travail pluraliste sur les risques de leucémies autour des installations nucléaires de base (INB). Ce groupe, présidé par Madame le Professeur Danièle Sommelet, a été chargé de porter une appréciation sur les connaissances disponibles concernant ce risque chez les enfants vivant au voisinage de ces installations. Le rapport du groupe de travail a été remis en avril 2011 puis présenté à la presse le 7 novembre 2011. Il est disponible sur le site Internet de l’ASN. Pour répondre aux recommandations du groupe, plusieurs actions sont en préparation : • la définition d’un nouveau programme d’études et de recherches (par l’INCa), en tenant compte de celles qui sont en cours actuellement à l’échelle nationale et internationale ; • une évaluation à l’échelle internationale des méthodes utilisées dans les études épidémiologiques s’intéressant au risque de leucémies de l’enfant autour des installations nucléaires (par l’IRSN) ; • la création d’un nouveau groupe de travail sur l’information et la communication qui aura pour objectif de mieux comprendre les attentes des populations et de mieux les informer, notamment sur les cancers (Plan cancer). À NOTER EN 2011 Fond marin en Bretagne

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