Rapport annuel de l'ASN 2011

470 par des exploitants, des administrations, des experts techniques et autres acteurs. Le projet de guide avait par ailleurs été présenté au Congrès National de Radioprotection «SFRP 2011» de Tours du 20 au 23 juin 2011 où il avait reçu un accueil favorable, ainsi qu’à la 14e conférence ICEM (International conference on environmental remediation and radioactive waste management) qui s’est tenue à Reims du 20 au 25 septembre 2011. Ce projet a également été présenté au Canada (ICRER 2011) et aux ÉtatsUnis en avril 2011 (12th Superfund). En complément de la rédaction de ce guide, l’ASN a poursuivi ses travaux afin de préciser les types de servitudes qui pourraient être recommandées par l’ASN dans le cas de la gestion d’un site présentant une pollution par des substances radioactives non soumis au régime des ICPE, ni des INB, en particulier dans le domaine du nucléaire de proximité. 2I 3 L’opération Diagnostic radium En octobre 2010, l’État a décidé de réaliser des diagnostics afin de détecter et, si nécessaire, de traiter d’éventuelles pollutions au radium héritées du passé. Cette opération concerne 84 sites en Ile-de-France et 50 sites en province ayant abrité des activités liées au radium et nécessitant un diagnostic. Le radium, découvert par Pierre et Marie Curie en 1898, a été utilisé dans certaines activités médicales (premiers traitements du cancer) et artisanales (fabrication horlogère pour ses propriétés radioluminescentes jusque dans les années 1950, fabrication de paratonnerres ou de produits cosmétiques). Ces activités médicales ou artisanales, ne relevant pas de l’industrie nucléaire, ont pu laisser des traces de radium sur certains sites. Le diagnostic des sites ayant abrité une activité utilisant du radium s’inscrit dans la continuité de nombreuses actions engagées depuis plusieurs années par l’État : réhabilitation des sites ayant abrité des activités de recherche et d’extraction de radium au début du XXe siècle, récupération des objets radioactifs chez les particuliers… Il s’agit d’une opération gratuite pour les occupants des locaux concernés : le diagnostic consiste à rechercher systématiquement, par des mesures, la présence éventuelle de traces de radium ou d’en confirmer l’absence. Ils sont réalisés par une équipe de spécialistes de l’IRSN, accompagnés par un référent ASN qui prend préalablement contact avec l’occupant pour lui présenter l’opération. A l’issue de ce diagnostic, les occupants sont informés oralement puis reçoivent une confirmation par courrier. En cas de détection de traces de pollution, en accord avec les propriétaires, des opérations de réhabilitation sont réalisées gratuitement par l’ANDRA. In fine, un certificat garantissant les résultats de l’opération est remis à chaque personne concernée. A la fin 2011, douze sites en Ile-de-France ont fait l’objet ou font encore l’objet d’investigations, ce qui représente 146 diagnostics (un diagnostic par appartement ou pavillon ou local commercial). Les sites ayant fait l’objet de diagnostics sont des immeubles d’habitation comprenant des parties communes, des appartements et/ou des locaux commerciaux; une friche industrielle en phase de démolition et des pavillons. Par ailleurs, cinq sites ont été déclarés exempts de pollution. Il s’agit en effet de sites dont les bâtiments ont été construits postérieurement à la date de manipulation du radium. Des vérifications ont permis de mettre en évidence qu’aucune partie de l’ancien bâtiment ou de ses parties attenantes, et de ce fait aucune pollution au radium, n’est encore présente sur les lieux. Sur les 146 diagnostics réalisés par l’IRSN, 130 locaux sont exempts de pollution et 16 diagnostics ont détecté des traces de radium : trois appartements, cinq pavillons, trois locaux commerciaux, une friche industrielle, une cave et des parties communes d’un immeuble. Les opérations de réhabilitation sont presque terminées dans un appartement et une friche industrielle. Elles vont débuter dans trois pavillons, un appartement et un local commercial. Les autres sites font l’objet d’études préalables aux opérations de réhabilitation. Celles-ci doivent permettre une utilisation libre pour tout usage de ces sites. Le retour d’expérience, plus d’un an après le lancement de l’opération, montre que celle-ci est plutôt bien acceptée par les occupants et les associations de protection de l’environnement. La grande majorité des locaux diagnostiqués sont exempts de pollution radiologique. Les niveaux de pollution relevés sont faibles et confirment l’absence d’enjeu sanitaire ; la reconstitution dosimétrique maximale reçue est inférieure à 2,4 mSv/an (en valeur ajoutée), valeur du même ordre de grandeur que la dose reçue pendant une année par la population française du fait de sources naturelles de radioactivité. Par rapport au calendrier initial, la fin de la première phase en Ile-de-France a été retardée pour deux raisons. D’une part, le nombre de diagnostics à réaliser s’est révélé plus élevé que prévu. Une adresse historique où il existait une activité utilisant du radium peut actuellement correspondre à l’emplacement de plusieurs pavillons ; de même un immeuble peut correspondre à un nombre important de diagnostics s’il comprend beaucoup d’appartements et de caves. Affiche de l’opération Diagnostic radium

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