patients et de la population aux rayonnements associés doit être justifiée et maîtrisée, les domaines en développement doivent notamment faire l’objet d’une attention particulière. C’est pourquoi de l’ordre de 180000 personnes travaillant dans le domaine des utilisations médicales des rayonnements ionisants ont fait l’objet d’une surveillance dosimétrique de leur exposition. À elle seule, la radiologie médicale regroupe près de 65% des personnels médicaux exposés. Les principaux éléments marquants en 2010 Le nombre d’événements significatifs en radioprotection (ESR) déclarés à l’ASN dans le domaine médical en 2010 est de 419, en progression de plus de 50% depuis 2008. Ainsi, selon le domaine d’activité, pour 372 déclarations exploitées, il apparaît que 66% des ESR sont déclarés en radiothérapie, 18% en médecine nucléaire, 13% en radiologie diagnostique et dentaire et 3% en radiologie interventionnelle. Parmi ces événements, 29 concernent des personnes travaillant dans des installations médicales, dont 5 ont été classés au niveau 1 de l’échelle INES. Peu nombreux, ils sont en progression et reflètent soit des pratiques particulièrement exposantes (actes de radiologie interventionnelle de longue durée, préparations de radiopharmaceutiques), soit des professionnels particulièrement et régulièrement exposés du fait de leur expertise ou de leur compétence (« seniors » ou radiopharmaciens). 282 événements concernent des patients soumis à une exposition à visée diagnostique ou thérapeutique. Il faut noter que la démarche de déclaration des ESR en radiothérapie est devenue significative et représente près de 66% des déclarations. Dans ce domaine, le nombre de déclarations reçues par l’ASN est en équilibre par rapport à l’année 2009. Par ailleurs, le nombre de centres n’ayant jamais fait de déclaration est en baisse, soit 20% des centres contre 29% fin 2009. Les tendances observées au cours de la période expérimentale confirment que la majorité des événements déclarés sont liés à des défaillances d’origine organisationnelle et humaine (96%). L’ASN constate que les causes sont souvent uniquement centrées sur les opérateurs et les causes profondes liées à l’organisation des services, l’environnement de travail ou encore le contexte institutionnel ne sont pas suffisamment explorées dans les analyses d’événements, limitant ainsi les possibilités de fiabiliser le système en identifiant et en mettant en place des lignes de défense. Depuis 2007, la sécurité des soins en radiothérapie constitue un domaine prioritaire de contrôle de l’ASN donnant lieu à une inspection annuelle de chaque centre. De plus, l’ASN participe activement aux travaux du comité national de suivi des actions en radiothérapie piloté par l’Institut national du cancer (INCa). Dans ce cadre, ont été étudiées en 2010 les actions complémentaires à insérer dans la feuille de route de radiothérapie résultant des conclusions de la conférence internationale sur la radioprotection des patients, organisée par l’ASN à Versailles en décembre 2009. Les conclusions de cette conférence ont fait l’objet d’un examen attentif en concertation avec tous les acteurs concernés afin d’identifier les actions à mettre en place pour compléter le plan national pour la radiothérapie piloté par l’INCa. Ce sujet sera examiné par le comité de suivi du plan national en 2011. Les inspections de l’ASN, réalisées en 2009, confirment l’évolution positive amorcée en 2008, en ce qui concerne l’augmentation des ressources humaines en physique médicale. Toutefois, comme l’année précédente, l’ASN a constaté que la situation, fin 2009, restait fragile en matière d’organisation de la physique médicale dans plusieurs centres, notamment ceux qui disposaient en propre d’un nombre trop limité de Personne spécialisée en radiophysique médicale (PSRPM) (une douzaine de centres fin 2009). Par ailleurs, les dispositions prises dans ces centres pour pallier les absences de PSRPM inférieures et supérieures à 48 heures devraient être mieux formalisées. Les inspections confirment également une évolution positive pour ce qui concerne la mise en œuvre progressive du management de la sécurité et de la qualité des soins en radiothérapie. Le bilan de ces inspections témoigne d’une réelle mobilisation des professionnels de santé dans le cadre du plan national pour la radiothérapie. Toutefois, l’ASN relève des avancées très hétérogènes de cette démarche selon les centres et des degrés très différents d’implication des directions. Concernant plus particulièrement la maîtrise du processus de préparation et de réalisation des traitements, la situation est jugée globalement satisfaisante. En revanche, pour la gestion des risques, les analyses des risques a priori sont peu développées notamment en raison, d’une part, de l’échéance plus lointaine de l’obligation réglementaire et, d’autre part, du manque de temps et/ou de compétences 28 Depuis 2007, la sécurité des soins en radiothérapie constitue un domaine prioritaire de contrôle de l’ASN donnant lieu à une inspection annuelle de chaque centre. Inspection du service de médecine nucléaire du Centre cardiologique du Nord de Saint-Denis par l’ASN – Décembre 2010
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=