48 aucun effet en deçà d’un certain seuil; certains affirment même que des faibles doses ont un effet bénéfique. La recherche en biologie moléculaire et cellulaire permet de progresser, les études épidémiologiques menées sur des cohortes importantes aussi. Mais face à la complexité des phénomènes de réparation et de mutation de l’ADN, face aux limites des méthodes utilisées par l’épidémiologie, les incertitudes demeurent et la précaution s’impose pour les pouvoirs publics. La dose, le débit de dose et la contamination chronique – Les études épidémiologiques réalisées sur les personnes exposées aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki ont permis de mieux connaître les effets des rayonnements sur la santé, pour des expositions externes à forte dose et fort débit de dose. Les études entamées dans les pays les plus touchés par l’accident de Tchernobyl, la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie, pourraient, elles aussi, faire avancer la connaissance sur l’effet des rayonnements sur la santé pour des expositions internes à plus faible dose et plus faible débit de dose, ainsi que sur les conséquences d’une exposition chronique aux rayonnements ionisants (par exposition externe et par contamination par la voie alimentaire), du fait de l’état de contamination durable de l’environnement. Les effets héréditaires – La survenue d’éventuels effets héréditaires des rayonnements ionisants chez l’homme reste incertaine. De tels effets n’ont pas été observés chez les survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Cependant, les effets héréditaires ont été bien documentés dans des travaux expérimentaux chez l’animal: les mutations induites par les rayonnements ionisants dans les cellules germinales sont transmissibles à la descendance. La mutation récessive d’un allèle restera invisible tant que l’allèle porté par l’autre chromosome ne sera pas atteint; si elle n’est pas nulle, la probabilité de ce type d’événement reste cependant faible. Protection de l’environnement – La radioprotection a pour but d’empêcher ou de réduire les effets nocifs des rayonnements ionisants sur les personnes, directement ou indirectement, y compris lors des atteintes portées à l’environnement. Au-delà de la protection de l’environnement tournée vers la protection de l’homme et des générations présentes ou futures, on peut aussi envisager la protection de la nature, au nom de l’intérêt propre des espèces animales ou des droits de la nature (voir point 3⏐5). La protection des espèces non humaines fait désormais partie des recommandations de la CIPR (CIPR 103). Leucémies de l’enfant L’ASN, la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) ont mis en place en 2008 un groupe de travail pluraliste sur les risques de leucémies autour des installations nucléaires de base (INB). Ce groupe, présidé par Madame le Professeur Danièle Sommelet, a été chargé de porter une appréciation sur les connaissances disponibles concernant ce risque chez les enfants vivant au voisinage de ces installations. Le rapport disponible début 2011, fera un point sur les connaissances scientifiques disponibles sur cette pathologie et établira des recommandations préconisant des actions nouvelles pour établir une caractérisation clinico-biologique des leucémies, pour identifier et caractériser les sites d’intérêt dans le champ des activités nucléaires, pour engager une réflexion sur l’éthique et les modalités d’une information « intelligible et honnête » répondant aux attentes de la population et pour favoriser la mise en place d’une structure de veille scientifique et de coopération internationale. À NOTER Préparation de tests destinés à vérifier la capacité de certaines enzymes à réparer l’ADN endommagé
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