Rapport annuel de l'ASN 2010

66 1I 2 I 1 Le management de la sûreté Le management de la sûreté consiste en l’instauration d’une culture de sûreté au sein des organisations de gestion des risques. La culture de sûreté est définie par l’INSAG, groupe consultatif international pour la sûreté nucléaire placé auprès du directeur général de l’AIEA, comme l’ensemble des caractéristiques et des attitudes qui, dans les organismes et chez les individus, font que les questions relatives à la sûreté des centrales nucléaires bénéficient, en priorité, de l’attention qu’elles méritent en raison de leur importance. La culture de sûreté traduit donc la façon dont l’organisation et les individus remplissent leurs rôles et assument leurs responsabilités vis-à-vis de la sûreté. En tant que caractéristique culturelle, elle constitue un des fondements indispensables au maintien et à l’amélioration de la sûreté. Elle engage les organismes et chaque individu à prêter une attention particulière et appropriée à la sûreté. Elle doit s’exprimer au niveau individuel par une approche rigoureuse et prudente et une attitude interrogative qui permettent à la fois le partage du respect des règles et l’initiative. Elle trouve une déclinaison opérationnelle dans les décisions et les actions liées aux activités. 1I 2 I 2 Le concept de défense en profondeur Le principal moyen de prévenir et d’atténuer les conséquences des accidents est la « défense en profondeur ». Elle est mise en œuvre par une série de niveaux de protection consécutifs et indépendants. En cas de défaillance d’un niveau de protection, ou barrière, le niveau suivant prend le relais. Ainsi, une défaillance technique, humaine ou organisationnelle unique ne peut pas provoquer d’accident. Un élément important pour l’indépendance des niveaux de défense est la mise en œuvre de technologies de nature différente (systèmes « diversifiés »). La conception d’une installation nucléaire est fondée sur une démarche de défense en profondeur. Par exemple, pour les réacteurs nucléaires, on définit les cinq niveaux suivants: Premier niveau: prévention des anomalies de fonctionnement et des défaillances des systèmes Il s’agit de choisir pour l’installation une conception robuste et prudente, prévoyant des marges de sûreté, résistante à l’égard de ses propres défaillances ou des agressions externes. Ceci implique de mener une étude aussi complète que possible des conditions de fonctionnement normal, pour déterminer les contraintes les plus sévères auxquelles les systèmes seront soumis. Un premier dimensionnement de l’installation peut alors être établi, prévoyant des marges. Deuxième niveau: maintien de l’installation dans le domaine autorisé Il s’agit de concevoir des systèmes de régulation et de limitation qui maintiennent l’installation dans un domaine très éloigné des limites. Par exemple, si la température d’un circuit augmente, un système de refroidissement se met en route avant que la température n’atteigne la limite autorisée. La surveillance du bon état des matériels et du bon fonctionnement des systèmes fait partie de ce niveau de défense. Troisième niveau: maîtrise des accidents sans fusion du cœur Il s’agit ici de postuler que certains accidents, choisis pour leur caractère « enveloppe », c’est-à-dire les plus pénalisants d’une même famille, peuvent se produire et de dimensionner des systèmes permettant d’y faire face. Ces accidents sont, en général, étudiés avec des hypothèses conservatives, c’est-à-dire qu’on suppose que les paramètres sont les plus défavorables possibles. En outre, on applique le critère de défaillance unique, c’est-à-dire qu’en plus de l’accident lui-même, on postule la défaillance d’un composant quelconque. Cela conduit à ce que les systèmes intervenant en cas d’accident (arrêt d’urgence, injection de sécurité…) soient constitués d’au moins deux voies redondantes. Quatrième niveau: maîtrise des accidents avec fusion du cœur Ces accidents ont été étudiés à la suite de l’accident de Three Mile Island (1979) et sont désormais pris en compte dès la conception des nouveaux réacteurs tels que l’EPR. Il s’agit soit d’exclure ces accidents, soit de concevoir des systèmes permettant d’y faire face. Cinquième niveau: limitation des conséquences radiologiques en cas de rejets importants Il s’agit là de la mise en œuvre de mesures de plan d’urgence incluant des mesures de protection des populations: mise à l’abri, ingestion de comprimés d’iode stable pour saturer la Les cinq niveaux de la défense en profondeur

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