Rapport annuel de l'ASN 2011

19 renforcer la surveillance autour de leurs sites de façon à détecter les éventuelles retombées atmosphériques en provenance du Japon. L’ensemble des résultats obtenus a été publié sur le site d’information du réseau national de mesures de la radioactivité dans l’environnement, mis en place conjointement par l’ASN et l’IRSN (www.mesure-radioactivite.fr), en complément des informations diffusées directement par l’IRSN sur son site Internet (http://environnement.irsn.fr). Devant le constat du très faible impact radioactif sur le territoire de la France et de la baisse constante des valeurs mesurées, ce dispositif a été levé le 26 mai 2011. Le 20 avril 2011, l’ASN a émis des recommandations pour le contrôle de la non-contamination des marchandises non alimentaires importées du Japon. Les denrées alimentaires ont fait, quant à elles, l’objet d’un règlement européen en date du 25 mars 2011 modifié qui s’applique de plein droit en France. L’ASN a proposé à l’Autorité de sûreté japonaise (NISA) son aide pour la gestion de la crise, notamment pour la phase post-accidentelle pour laquelle, à la suite des enseignements tirés de l’analyse de l’accident de Tchernobyl, elle a développé une doctrine dans le cadre des travaux du Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique (CODIRPA). Durant toute la gestion de cette crise, la forte mobilisation et l’investissement des agents de l’ASN sont à souligner. En effet : – le centre d’urgence a été gréé dès le 11 mars 2011 dans l’après-midi et est resté opérationnel 24 h/24 et 7 jours sur 7 jusqu’au 13 avril 2011. Son gréement allégé s’est poursuivi bien plus longtemps. Aujourd’hui encore, l’ASN assure une veille régulière de ce qui se passe au Japon ; – 200 agents, soit près de la moitié de l’effectif de l’ASN, issus des directions parisiennes et des divisions territoriales, ont été mobilisés au centre d’urgence pendant cette période ; – des audioconférences quotidiennes avec l’IRSN, l’AIEA, les Autorités de sûreté étrangères et l’Ambassade de France ont été organisées ; – l’ASN a participé à de nombreuses réunions ministérielles dont 13 réunions de la cellule interministérielle de crise (CIC) ; – la communication de l’ASN a représenté : • 17 conférences de presse, • 28 communiqués de presse, • 1200 sollicitations médiatiques, • plus de 700000 visites sur le site http://japon.asn.fr, • et l’ouverture d’un centre d’appel téléphonique pour répondre aux questions du public. Les enseignements de Fukushima L’accident de Fukushima confirme que, malgré les précautions prises pour la conception, la construction et le fonctionnement des installations nucléaires, un accident ne peut jamais être exclu. Le rôle de l’ASN est de faire en sorte que la probabilité d’un accident grave soit extrêmement faible et que ses conséquences éventuelles soient aussi réduites que possible. Du fait des enjeux de sûreté nucléaire, les installations nucléaires françaises font, dès leur conception, l’objet d’études de sûreté qui envisagent tous les scénarios plausibles susceptibles d’entraîner des situations accidentelles. Les dispositions prévues à la conception et les règles d’exploitation de ces installations visent à réduire au maximum ces risques. Néanmoins, la survenance de tels accidents est étudiée de façon à en évaluer les conséquences et à prévoir l’organisation des secours pour protéger les populations contre les effets d’un tel sinistre. Les installations, en particulier tous les équipements importants pour la sûreté et les équipements de sauvegarde, font l’objet de contrôles et d’essais périodiques pour vérifier leur conformité et leur disponibilité. L’ASN mène régulièrement des inspections pour vérifier que les installations sont en conformité avec leur référentiel et que l’exploitant est bien organisé pour assurer la sûreté de l’exploitation, y compris en cas d’incidents ou de défaillances humaines ou matérielles. Tous les dix ans, l’exploitant procède à un réexamen de sûreté et les centrales électronucléaires sont arrêtées pour une visite décennale au cours de laquelle il est procédé à un contrôle complet et approfondi des installations, à leur maintenance, à l’apport des modifications jugées nécessaires pour faire progresser la sûreté et à la requalification des matériels pour une nouvelle période d’exploitation. Ces opérations sont particulièrement suivies par l’ASN qui se prononce sur l’aptitude de l’installation à poursuivre son exploitation, au regard des objectifs qu’elle avait fixés pour le réexamen. C’est ainsi que, tirant les enseignements de l’étude de l’accident de Three Mile Island aux États-Unis, les installations françaises ont été dotées de : – recombineurs d’hydrogène agissant de manière autonome par catalyse pour former de l’eau par combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène et limiter ainsi les risques d’explosion liés à l’accumulation d’hydrogène dans les installations ; – filtres à sable, dits filtres ultimes, pour retenir certains éléments radioactifs en cas de décharge volontaire de l’enceinte pour faire baisser sa pression interne lors d’un accident grave survenant sur le réacteur; ces filtres sont capables de retenir plus de 90 % des rejets radioactifs, d’où un impact nettement plus faible sur l’environnement. C’est ainsi également que les dispositions visant à l’organisation des secours tant au niveau de l’installation que de son environnement ont été renforcées. Des exercices périodiques sont organisés, y compris pour la gestion de la phase postaccidentelle qui a fait l’objet d’une réflexion approfondie au sein du CODIRPA à la suite de l’accident de Tchernobyl. Comme pour les grands accidents précités, l’accident de Fukushima fera l’objet d’une analyse approfondie pour en tirer tous les enseignements. Cette démarche est un FUKUSHIMA

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