Indisponibilité prolongée du dispositif ultime d’aspersion de l’enceinte EAS-u du réacteur 3

Publié le 25/03/2026

Centrale nucléaire du Bugey Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 20 mars 2026, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un évènement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité du dispositif ultime d’évacuation de la puissance résiduelle de l’enceinte de confinement (EAS-u) du réacteur 3 de la centrale nucléaire du Bugey et au non-respect a posteriori de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) dans cette situation.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des conduites à tenir et des délais d’intervention en cas d’indisponibilités de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur.

Le dispositif ultime d’évacuation de la puissance résiduelle de l’enceinte de confinement (EAS-u) fait partie des équipements du noyau dur de dispositions installées dans le cadre de la prise en compte du retour d’expérience de l’accident de Fukushima-Daiichi. L’objectif de ce dispositif est d’ajouter un moyen d’appoint en eau borée dans le réacteur visant à évacuer la puissance résiduelle dégagée à l’intérieur de l’enceinte de confinement, même en cas d’accident grave avec fusion du cœur.

Le 18 mars 2026, EDF a détecté que la cellule électrique alimentant la vanne motorisée d’isolement de la ligne d'injection du dispositif EAS-u vers le circuit de réinjection dans le circuit primaire était débrochée. Dans cette situation, la vanne n’aurait pas pu être ouverte à distance, en cas de nécessité, et elle était donc indisponible au sens des RGE. Après analyse, la cellule a été remise en conformité, permettant de rendre le dispositif EAS-u disponible.

Les investigations conduites par EDF ont mis en évidence que cette cellule avait été débrochée le 24 octobre 2025 dans le cadre d’activités sur le réacteur 3, en arrêt pour maintenance programmée. Or, dans le cadre du redémarrage de ce réacteur, le dispositif EAS-u était requis par les RGE depuis le 3 novembre 2025. Dans cette situation, ces règles prescrivent d’engager le repli du réacteur sous trois jours, délai qui n’a donc pas été respecté.

Cet incident n’a pas eu de conséquence sur l’installation, l’environnement ou le personnel. Toutefois, compte-tenu de l’indisponibilité du dispositif EAS-u pendant une durée supérieure à celle préconisée par les RGE, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Date de la dernière mise à jour : 25/03/2026

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie