Levée des équipements internes de la cuve avec une grappe accrochée
Le 27 janvier 2026, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’extraction partielle d’une grappe de commande restée accrochée aux structures internes supérieures de la cuve lors de leur levée.
Pour procéder au renouvellement du combustible du cœur, l’exploitant commence par retirer le couvercle de la cuve, puis il déconnecte les tiges de manœuvre des grappes de commande. Il retire ensuite les structures internes supérieures (qui maintiennent les assemblages de combustible lorsque le réacteur est en fonctionnement) pour pouvoir ensuite accéder aux assemblages de combustible proprement dits et les retirer de la cuve.
Les grappes de commande et le bore dissous dans le circuit primaire sont les deux moyens de contrôle de la réaction en chaîne nucléaire dans le cœur. Les grappes de commande, au nombre de 57 pour ce type de réacteur, contiennent une matière absorbant les neutrons et permettent, par leur insertion ou leur extraction, d’étouffer ou d’initier la réaction en chaîne.
Le 23 janvier 2026, le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et renouvellement du combustible. L’exploitant a procédé à la déconnexion des grappes de commande, puis à la levée des structures internes supérieures. Lors de cette opération, une caméra a permis de détecter qu’une grappe était restée accrochée aux structures internes supérieures. L’exploitant a immédiatement interrompu la levée et le bâtiment réacteur a été évacué, conformément aux procédures. Après analyse de la situation, EDF a repositionné les structures internes supérieures dans la cuve le 24 janvier, puis a procédé à la déconnexion de la grappe de commande encore accrochée.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. EDF l’a initialement déclaré au niveau 0 de l'échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité). Toutefois, en raison d’un manque de culture de sûreté révélé par l’analyse de cet événement, EDF l’a reclassé le 23 mars 2026 au niveau 1 de cette échelle.
Date de la dernière mise à jour : 08/04/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie